Les forains et le « Tomboy » : esprits qui vont leur propre chemin

Les vacances de « Labor Day » se terminent et je regarde en arrière. Alors, qu’est-ce qui s’est passé cette semaine ? Grâce au lien affiché par Claire, j’ai appris une nouvelle expression : « avoir la frite. »

Avoir la frite

Avoir la frite

Cela veut dire qu’on est en forme, qu’on se sent capable de réussir. C’est marrant. Je viens aussi de me rendre compte que ce mot « marrant » n’est pas le même que « marron. » Avant maintenant, je n’avais qu’écouté « C’est marrant, » et j’ai supposé que le mot était « marron » parce qu’ils ont le même son. Je suis toujours dans le procès de découvrir le français!

Vendredi, Claire et moi et l’assistante espagnole, Lourdes, et deux autres amies sommes allées à « Falls Park » au centre ville pour prendre le dîner comme pique-nique. C’était bien passé; on a parlé de la vie à Furman. Malheuresement, les moustiques avaient très faim cette nuit-là et nous ont mordues. Après le dîner, nous sommes allées au « Chocolate Moose » (élan chocolat) où nous avons mangé de petits gâteaux et raconté des histoires de Versailles.

Lundi, j’ai amené Claire à la fête foraine à Easley pour la montre des stéréotypes des gens et de la cuisine au Sud : les personnes qui n’ont plus de dents, les « oreos » frits, les accents forts, la mère qui fume en serrant son bébé dans ses bras. Et aussi, pour la montre la vie carnavalesque : les odeurs de la friture, les grands animaux en peluche, l’explosion de la lumière et la couleur, la grande roue et les montagnes russes. Nous y avons vu des animaux comme un alpaga, un zèbre, un chameau, des moutons de l’Afrique, et des vaches de l’Inde. Il y avait un ouvrier amical très intéressé aux appareils photo de Claire. « Où est-ce que tu les as achetés », il lui a demandé. Il était fasciné d’apprendre qu’elle vient de la France, et lui a dit, « Dis-moi si je le dit correctement : Bonjour ! » Claire a répondu que c’était parfait. Il a souri comme un enfant content. Quant à moi, je pensais de la dernière fois que j’y suis allée, quand j’avais treize ou quatorze ans. Elle me semblait maintenant moins magnifique. C’est donc l’effet d’être plus âgée ; je n’ai plus les yeux d’une enfant.

Après être rentrée de la fête foraine, j’ai regardé un film français, « Tomboy, » réalisé et écrit par Céline Sciamma. Zoé Héran joue le rôle principal d’une jeune fille (Laure, 10 ans) qui passe l’été en faisant comme si elle est un garçon qui s’appelle Mikael, sans le dire à ses parents. Ses vêtements, ses cheveux, son comportement : tout est masculin. Elle joue au foot avec des garçons, enlevant sa chemise et révélant sa poitrine plat comme les autres garçons. Il y a des moments de tension quand on s’inquiète qu’elle sera démasquée. Elle va dans le forêt pour faire pipi (toute seule parce qu’elle ne veut pas que les garçons la voient), et elle est en train de faire pipi quand elle entend un garçon. Effrayée, elle relève son pantalon, faisant pipi dans sa culotte. Une autre fois, quand elle va aller se baigner avec ses amis, elle coupe son vieux maillot de bain pour qu’il soit un maillot de bain d’un garçon. Après s’être regardée devant la glace portant son nouveau maillot de bain, elle décide de faire un petit pénis de « play-doh » à mettre dans son nouveau maillot de bain afin qu’elle ressemble à un vrai garçon. Au lac, quand elle se débat avec un garçon, on s’inquiète qu’il frappera le pénis « play-doh » et découvre son secret. Il y a des moments tendres aussi: quand elle s’assoit sur les genoux de son père en conduisant la voiture, quand elle joue avec sa petite sœur, quand elle danse avec Lisa, une fille du quartier. Les moments touchants ne sont pas rares non plus. Le cœur se gonfle quand on la voit devant la glace, rajustant son petit pénis «play-doh », quand elle embrasse Lisa, quand elle marque un but au foot. Elle est très à l’aise, elle se réjouit à faire semble qu’elle est garçon. Mais le premier jour de l’école s’approche et il n’est plus possible que Laure porte le nom de Mikael. Sa mère est ignorante de cette identité de Laure jusqu’à ce que la mère d’un garçon du quartier vienne chez eux et lui parle de son fils qui a passé à tabac son fils. Furieuse que Laure fasse comme si elle est un garçon, sa mère la forcer à porter une robe et à dire ses nouveaux amis qu’elle n’est pas un garçon qui s’appelle Mikael, mais une fille qui s’appelle Laure. La mère la force de faire cela, elle dit, pas parce qu’elle veut la punir, mais parce qu’il n’y a pas d’autre choix. Son secret sera dévoilé quand l’école commence est la maîtresse appelle « Laure ? Laure ? Qui est Laure ? » Donc, Laure est révélée et doit affronter ses amis, qui lui dit qu’elle est dégueulasse et exigent que Lisa enlève le pantalon de Laure pour montrer la preuve de son sexe. À la fin du film, Lisa vient visiter Laure et la demande, « Comment t’appelles-tu ? »    « Laure », elle répond. Ce qui a changé est son nom, pas son comportement ; elle s’habille toujours comme un garçon. Cela signifie que Laure ne peut plus agir comme si elle est Mikael, mais qu’elle peut continuer à agir comme un garçon tant qu’elle s’appelle Laure.

Mikael et Lisa

Mikael et Lisa

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« Tomboy » est un film touchant qui nous montre les complexités des rôles des sexes, la beauté d’une fille cherchant son identité dans le rôle d’un garçon, et comment Laure comme Mikael est libre d’explorer sa masculinité à la même fois qu’elle est enchaînée au secret de son sexe pour l’explorer. Les images et la technique cinématographique, délicats et belles, reflètent l’esprit de Laure.